2001 l'Odyssée de l'Espace (1968)

PDF Imprimer Email

Les plaques

Après avoir visionné le film, on peut constater que diverses éditions dans le monde ont publié le texte initial de Clarke (1965-1968), volume dont la première de couverture représentée est un monolithe (par exemple les éditions J’ai Lu, du 19 décembre 1975 et du 25 avril 2001).

éditions 1975

Clarke-couverture-j-ai-lu-2001-l-odyssee-de-l-espace-editions-1975

éditions 2001

Clarke-couverture-j-ai-lu-2001-l-odyssee-de-l-espace-editions-2001

C’est ainsi qu’on s’aperçoit très rapidement et avec étonnement que le monolithe est l’argument et le moteur du film. Sans monolithe, le préhominien reste un grand singe cousin qui ne participera jamais à l’aventure qui le mènera à Jupiter. De facto il n’y a pas de film.

Le « collagène » du film, c'est-à-dire ce qui comble les vides entre les séquences où apparaît le monolithe qui influence et dirige les opérations, contient des éléments connus de la NASA (gravitation à l’intérieur du navire spatial, chaussures aimantées …). L’intrigue secondaire du film s’exprime au travers de HAL, l’ordinateur qui gère l’expédition vers Jupiter qui décide que l’équipage est inapte à conduire cette dernière et tente d’en prendre le contrôle total.

Il est très étonnant de constater la similitude des plaques monolithes du film avec celles créées quelques années plus tôt, à partir de 1957 par le célèbre peintre Georges Yatridès notamment dans les œuvres suivantes :

 

 

« l’adolescent et l’enfant », 100x81 cm, 1963, Collection privée, France

Adolescent_et_lenfant

« le petit port à la plaque », 60x92 cm, 1965, Collection particulière, USA

petitportalaplaque

« Chris, Leica et Orange », 92x73 cm, 1963, Collection particulière, France

Christ_Leica_et_orange

« Nude in a life », 60x92cm, 1962

Nude In A Life

« Régénération », 92x65cm, 1962

Regeneration

« Les Deux Personnages sur la plage », 65x100 cm, 1963, Collection particulière, France

Les_deux_personnages_sur_la_plage

 

Arrivés à ce point, on ne peut conclure qu’une seule chose, en premier : sur le fond et la forme, nous nous trouvons en présence des plaques monolithes du peintre Georges Yatridès. En second, comment un artiste de nos jours a pu résister à ne pas demander ses droits de paternité, surtout si on tient compte du nombre d’entrées en salle qu’a suscité ce film considéré comme un film majeur dans le domaine spatial?

La plaque monolithe et les préhominiens d’il y a 4 millions d'années

Elle apparaît au milieu d’un groupe de préhominiens dont l’un deux subira les directives l’amenant à concevoir le premier outil, la première arme et le premier crime d’un de ses congénères et d’assouvir ses besoins en nourriture.

 La plaque monolithe et des scientifiques du XXème siècle de Kubrick

La plaque continue son œuvre. Elle fait en sorte d’être repérée dans le sol lunaire d’où elle est excavée par des spationautes terrestres russo-américains. Elle transmet d’autres informations aux spationautes US qui l’observent et dont l’un désire la toucher, informations d’une telle amplitude qu’ils sombrent dans un coma temporaire.

La plaque monolithe et la survie incorruptible

Les informations reçues par les hommes sur le sol lunaire engagent ces derniers dans une mission vers Jupiter. Seul l’un d’entre eux, Bowman, arrive à destination dans un lieu, habitacle anachronique éblouissant de blancheur dans lequel se succèdent les étapes qui mènent à la mort selon un rythme accéléré. Lorsque celle-ci survient Bowman revient à l’état d’embryon développé dans un œuf à la coquille transparente, retournant de Jupiter vers la planète Terre accompagné de plaques monolithes.


Extraits du films